Robinson 01J'aime bien les jeux coopératifs, ça me rappelle mes folles années de joueur de jeu de rôle. Même si on est très loin de la liberté d'un bon vieux JDR, le coopératif a quelques avantages indéniables : pouvoir se passer d'un "maître du jeu", avoir une durée de partie raisonnable et une préparation souvent minime (les persos sont pré-tirés).

J'ai donc fait l'achat récemment de Robinson Crusoé. C'est un "gros" jeu, 20 pages de règles, plein de jetons, d'actions possibles, d'intéractions d'éléments qui sont nombreux (si je fais ça, alors je pourrai faire ça et ça dans 3 tours, mais pas ça dans 2 tours...), le tout enveloppé dans une réflexion de groupe et un scénario retors.

Tu survis, ou bien ?

Robinson fonctionne. En tout cas, j'ai adoré. C'est peut-être le premier coop où je sens vraiment la liberté d'actions, où la solution n'est pas linéaire, même si certaines entreprises s'avèrent indispensables. Un même scénario se renouvelle grandement par la pioche de cartes tout azimut. Cela dit, l'effet des cartes s'intègre parfaitement à l'histoire et, surtout, elles sont parfaitement équilibrées. Vous ne verrez pas surgir quelque chose qui vous fait perdre la partie, à moins d'avoir vraiment fait n'importe quoi auparavant.

Comme tout jeu un peu velu, il vous faudra quelques parties pour prendre vos repères. D'autant plus qu'on est loin des classiques coop : pas de monstres/zombies/vils gobelins à buter à grand coup de hache plasma à deux mains. Non, là on réfléchit à construire une marmite pour manger mieux, une arme pour protéger son camp des bêtes sauvages, un toit pour éviter de prendre la pluie qui vous file une grosse crève, à récolter des bananes histoire de se remplir un peu la panse le soir venu. Tout ça en essayant de réussir son scénario, dont le nombre de tours est imposé.

Pelle, rateau, peau de bananes et autres matériels

Le matos est de bonne facture, j'ai particulièrement apprécié la carte, fort travaillée, qui nous met dans l'ambiance, et ce n'était pas chose simple à faire vu le nombre de jetons et cartes complètement impropres à la base pour s'imaginer être sur une île déserte. "Bon le jeton rose là, bin c'est le chien et le petit cube jaune, ce sont des bananes"..."Aaaah, ok !" Un truc important à noter : le scénario est perdu dès lors qu'un joueur meurt. Pas la peine donc de vous triturer pour modifier les règles sans créer de déséquilibres ou avoir de la peine pour le pauvre joueur éliminé trop rapidement et qui va s'emmerder sévère dans son coin.

Robinson 03

Pour finir, le jeu solo fonctionne parfaitement, bien que je le trouve difficile et; évidemment, moins intéressant puisqu'on ne bénéficie plus de ce qui fait le sel des coopératifs : l'échange entre joueurs.

Velu comme du King Kong

Le je ne conviendra pas à tout le monde, c'est sur. Il n'est pas aussi accessible et régressif qu'on Zombicide, les psychopates du plateau vont ronger leur frein avec peine. La bonne nouvelle pour les fans est l'arrivée prochaine de nouveaux scénarios, notamment autour de King Kong, j'en salive d'avance.

Un exemple de début de partie, avec une mise en place light et donc pas tout à fait complète. Les habitués noteront les jetons personnalisés, j'ai en effet récupéré sur le net des fichiers à imprimer et coller sur les jetons qui sont normalement nus.

Robinson 05

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